C'est une situation qu'on rencontre plus souvent qu'on ne le croit : un dirigeant veut changer de prestataire, refondre son site ou simplement modifier une page… et découvre qu'il ne possède rien. Ni le nom de domaine, ni l'hébergement, ni parfois le contenu qu'il a lui-même rédigé.

Ce n'est presque jamais malveillant. C'est le plus souvent le résultat d'une mise en place « pour aller vite » où tout a été créé au nom du prestataire. Le problème apparaît des années plus tard, au pire moment. Voici les quatre points à vérifier, chacun prend quelques minutes.

1. Le nom de domaine

C'est le plus important des quatre, parce que c'est votre adresse. Si vous le perdez, vous perdez votre référencement, vos emails professionnels et tous les liens pointant vers vous.

Comment vérifier : cherchez « whois » suivi de votre nom de domaine, ou utilisez le service de recherche de l'Afnic pour les domaines en .fr. Regardez le champ titulaire (« registrant »).

Ce que vous devez voir : le nom de votre entreprise, pas celui de votre prestataire. Les données personnelles sont souvent masquées pour les particuliers, dans ce cas, demandez à votre prestataire une capture de l'espace client montrant le titulaire.

⚠️ Attention à une confusion fréquente : être le contact technique ou administratif ne signifie pas être titulaire. Seul le titulaire peut décider du sort du domaine.

2. L'hébergement et les accès

L'hébergement est l'espace où vivent vos fichiers. Vous devez savoir :

  • Chez qui votre site est hébergé (le nom de l'entreprise, pas juste « chez mon prestataire »)
  • Au nom de qui est le contrat, et qui paie la facture
  • Si vous disposez d'un accès à cet espace (identifiants de l'espace client)

Vous n'avez pas besoin de savoir vous en servir. Mais vous devez pouvoir y accéder, ou récupérer l'accès sans dépendre du bon vouloir de quelqu'un.

3. Le code et les contenus

Deux questions distinctes se cachent derrière ce point :

  • Pouvez-vous récupérer une copie complète de votre site ? Fichiers, base de données éventuelle, et non un simple export partiel.
  • Que dit votre contrat sur les droits ? En droit français, la cession des droits d'auteur sur une création (design, code, textes, photos) doit être écrite et explicite. Sans clause de cession, le prestataire reste titulaire des droits sur ce qu'il a produit, même si vous l'avez payé.

C'est un point souvent ignoré des deux côtés, sans mauvaise foi. Il devient bloquant le jour où vous voulez confier le site à quelqu'un d'autre.

Une remarque au passage : plus votre site repose sur une usine à gaz propriétaire, plus la reprise est difficile. Un site construit en HTML/CSS standard se reprend par n'importe quel professionnel, là où un empilement de plugins et de réglages spécifiques peut décourager le repreneur : c'est l'un des arguments que nous développons dans notre analyse de WordPress et dans notre guide de création de site vitrine.

4. Les comptes tiers rattachés à votre activité

Ce sont les grands oubliés, et pourtant ils portent une bonne partie de votre visibilité :

  • Fiche Google Business Profile : qui en est propriétaire ? Vous pouvez être simple « gestionnaire » d'une fiche détenue par un tiers. Vérifiez-le dans les paramètres, la reprise en main est possible mais prend du temps.
  • Google Analytics / Search Console : si le compte appartient au prestataire, vous perdez tout votre historique de données en cas de séparation.
  • Zone DNS : c'est elle qui dirige votre domaine et vos emails. Savoir qui la gère évite de découvrir en urgence que personne ne peut modifier un enregistrement.
  • Comptes de messagerie professionnelle : souvent liés au domaine, ils s'arrêtent avec lui.

Que faire si quelque chose cloche

Pas de panique : dans l'immense majorité des cas, la régularisation se fait à l'amiable et sans frais notables.

  • Pour le domaine : demandez un changement de titulaire à votre nom. La procédure est standard chez tous les bureaux d'enregistrement et prend généralement quelques jours.
  • Pour l'hébergement : demandez la création d'un compte à votre nom, ou le transfert du contrat existant.
  • Pour les droits : si le contrat initial ne prévoit rien, un avenant de cession de droits peut être signé après coup.
  • Pour les comptes tiers : demandez à être ajouté comme propriétaire (pas seulement gestionnaire ou lecteur).

Un prestataire sérieux acceptera ces demandes sans difficulté, elles sont normales et dans l'intérêt des deux parties. Un refus ou des réponses évasives constituent en soi une information utile.

Gérer soi-même ou déléguer : les deux options propres

Tout ce qui précède ne signifie pas que vous devez administrer votre hébergement vous-même. Déléguer est parfaitement légitime : à condition que la délégation soit transparente et réversible. Il y a donc deux configurations saines, et une seule à fuir.

Option 1 : votre propre compte d'hébergement

C'est la configuration la plus simple à comprendre : le contrat est à votre nom, vous payez directement l'hébergeur, et vous donnez un accès à qui travaille sur votre site. Si vous changez de prestataire, rien ne bouge.

Pour un site vitrine de TPE, un hébergement mutualisé français suffit largement. Nous utilisons o2switch (Clermont-Ferrand) : offre unique sans palier compliqué, données hébergées en France, un point qui compte pour le RGPD, comme nous l'évoquions à propos des sanctions CNIL.

Option 2 : hébergement délégué, mais isolé et récupérable

Si vous préférez ne rien avoir à gérer, l'hébergement peut être pris en charge pour vous. C'est ce que nous proposons, et voici exactement comment : parce que les modalités comptent plus que le principe :

  • Un espace isolé et dédié à votre site (une « Lune » chez o2switch) : votre site ne partage rien avec les autres. Si le site d'un autre client est piraté, le vôtre n'est pas atteint.
  • Vos propres accès cPanel : vous voyez vos fichiers, vos sauvegardes, vos statistiques. Vous n'êtes pas dépendant d'une capture d'écran qu'on vous envoie.
  • Le nom de domaine reste à votre nom, toujours. C'est le point non négociable : même si l'hébergement est chez nous, l'adresse vous appartient.
  • Une sauvegarde complète livrable sur demande, à tout moment, sans justification à fournir.
  • WordPress, site statique ou autre : la technologie n'y change rien.

La différence avec la situation problématique décrite plus haut ne tient pas à qui héberge, mais à ce que vous pouvez récupérer et à quelle vitesse. Un hébergement délégué où vous détenez le domaine, vos accès et vos sauvegardes est sain. Un hébergement « chez le prestataire » où vous n'avez ni accès, ni domaine, ni copie, ne l'est pas : quel que soit le discours commercial qui l'accompagne.

Transparence : le lien vers o2switch ci-dessus est un lien de parrainage, il ne modifie pas le prix que vous payez, et nous percevons une contrepartie si vous souscrivez. Nous le mentionnons parce que c'est l'hébergeur que nous utilisons réellement, y compris pour les sites que nous hébergeons pour nos clients.

Le bon réflexe avant de signer

Pour un futur projet, une seule question posée en amont évite tout ce qui précède : « à la fin du projet, qu'est-ce qui m'appartient exactement, et comment je le récupère si on arrête de travailler ensemble ? »

Une réponse claire et écrite (domaine à votre nom, accès fournis, droits cédés, sauvegarde livrable sur demande) est l'un des meilleurs indicateurs du sérieux d'un prestataire. C'est d'ailleurs l'une des questions que nous recommandions déjà de poser dans nos 7 questions pour ne pas se faire avoir.

Un doute sur la propriété de votre site ?

On vérifie avec vous qui détient réellement votre domaine, votre hébergement et vos accès, et on vous aide à reprendre la main si besoin.

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